Huayhuash
Nous retrouvons à Huaraz la famille Belge et le couple de Tarbais rencontrés à Cuzco… Occasion de faire une belle soirée ensemble. Nous avons joué à “Time’s up” (j’ai bien pensé à vous, les copines !!!!) et “dégusté” du Pisco (alcool du Pérou à base de raisin) et du rhum del “Abuelo” (de Bolivie). Très multiculturel ce voyage !!!
Puis nous partons pour 6 jours de trek avec des ânes pour le portage et un cheval. Nous quittons Huaraz à 5h00 du matin et arrivons au village de Llamac où doit nous attendre notre “arriero” (muletier), Carlos, vers 10h00. Mais, personne ne nous attend… Nous apprenons que notre arriero est en trek depuis déjà quelques jours… L’agence de Huaraz n’a pas bien fait son travail visiblement!!! La femme de Carlos nous aide à trouver un nouvel arriero… A 3 heures, 2 ânes est 2 chevaux nous réveillent de la sieste ! Et c’est parti pour 6 jours de rando avec 6 cols à plus ou moins 4 500 mètres d’altitude.
Montée au premier col à 4300m avec le nouveau compagnon des enfants, Coco. Ils l’adoreront!
Passés au col on découvre les splendides faces est du Jirishanca (6094m)
et du Yerupaja (6617m), le plus haut sommet de la cordillera Huayhuash, inviolé depuis 7 ans je crois. A le regarder, on comprend pourquoi.
Léo ne voudra plus quitter le poncho et le sombrero !
Iban en route vers le campement
Installation du campement sur les bords de la laguna Yahuacocha. La tente rouge et grise sert à s’abriter pour préparer les repas et manger, utile vu les températures fraiches de la nuit et les averses que nous essuieront.
Notre guide, Tito, s’avèrera être une très bonne option. Nous étions déçus de ne pas avoir Carlos pour nous accompagner car on avait de très bon échos mais au final, Tito était très patient avec les enfants, traitait très bien ses bêtes (il est guide pendant la saison touristique et vétérinaire le reste du temps), nous a pêché plein de truites des lacs où nous campions, et est très bon cuisinier. Nous vous le conseillons chaudement ! Demandez Tito Salvador au village de Llamac.
Léo qui attrapera lui aussi sa truite, et Iban qui prendra plaisir à lancer la cuillère papillon avec un joli décor :
Face ouest du Rondoy.
et du Jirishanca
Le lendemain matin nous nous remettons en chemin pour un passage de col à 4750m. Les jambes de Chloé vont chauffer, le cheval étant parti en avant avec les enfants.
La lagune Solteracocha au pied de la montée :
Redescente après le col :
Nous bivouaquerons à Matacancha, au pied du troisiéme col.
Au matin en route pour un col à 4685m d’altitude où Léo montrera ses bonnes dispositions à la grimpette. Avec la bonne acclimatation il n’éprouve aucune difficulté à monter, et même rapidement.
Iban adore le cheval et a parfois du mal à le partager avec les autres.
Voilà un véritable caballero!
Et un véritable géologue posant sur une dalle incrustée d’ammonites (fossiles)
Nous atteignons pour le campement la laguna Mitacocha au pied de la face est du Jirishanca que nous avons contourné en deux jours.
Au matin on quitte la lagune en direction d’un autre joyau, la laguna carhuacocha, atteinte via un col à 4650m.
La fine équipe à la pause pique-nique
La fin d’après-midi se passe sous les averses de grêles et nous atteignons dans l’humidité le campement de la laguna Carhuacocha. Les sommets restent invisibles jusqu’à la nuit mais au matin on découvre la laguna au pied d’une guirlande invraisemblable de sommets à plus de 6000m.
Magnifique!
Les enclos vont bientôt s’ouvrir
et pendant que Chloé, Iban et les bêtes profiteront d’une journée de repos à la laguna, Joël partira avec Léo en direction de 3 lacs au pied du Siula Grande. Toute la famille regarde le Siula Grande (à gauche de Léo sur la photo) d’un autre oeil après que Joël, Chloé et Léo aient lu dans les semaines précédentes le poignant livre “la mort suspendue” de Joe Simpson. Il s’agit de l’histoire vraie vécue par Joe Simpson et son compagnon de cordée Simon Yates lors de la réalisation de la première ascension par la face ouest du Siula Grande.
Joe Simpson raconte dans ce livre sa mythique lutte contre la mort lors de la redescente. Pris dans la tempête, sans visibilité, Joe fera une chute et se brisera le genou à 6000m d’altitude. Alors qu’il est condamné à mourir là dans le froid, il s’efforce de continuer en trainant sa jambe morte et “douloureuse”. Ses chances sont quasi-nulles mais son compagnon, au péril de sa vie décide de l’aider dans son entreprise alors que ses propres chances de rentrer vivant sont déjà minces.
Simon l’harnache et lui fait dévaler la pente comme un poids mort au bout de la corde. Ils sont épuisés, affamés (l’ascension a duré plus de jours que prévu) ont les doigts qui gèlent mais tentent le coup. Ils continuent à descendre dans la nuit pour perdre de l’altitude et ne pas mourir de froid mais sans visibilité dans la tempête, Joe pendu en bout de corde bascule dans une crevasse énorme. Il se retrouve pendu dans le vide au bout de la corde. Après des heures de lutte pour le retenir, Simon se rend à l’évidence qu’il ne pourra jamais le remonter et arrivé en bout de corde, il n’a finalement pas le choix s’il veut garder une infime chance de survie. Il lui faut couper la corde. C’est ce qu’il fait. Joe chute de 30m mais se bloque sur une vire enneigé au sein de la crevasse. Quand le soleil se lève, Simon descend et appelle Joe qui ne répond pas. Il est de toute évidence mort et Simon rejoint le camp de base à l’agonie en deux jours. Il est sauvé par un compagnon qui les attendait en bas.
Dans sa crevasse béante, Joe ne peut remonter. Il souffre puis se décide à jouer sa dernière carte. Descendre dans le noir jusqu’en bout de corde en espérant tomber sur un pont de neige pour traverser vers l’autre paroi de la crevasse. Par chance il réussit et finit miraculeusement à trouver une issue. Il s’ensuit trois jours à ramper jusqu’au campement dans les glaciers et les blocs de moraines sans nourriture et souffrant le martyr et sans même savoir si ses compagnons seraient encore au campement où s’ils seraient déjà partis, rien ne les obligeant à rester.
Finalement Simon demandera à rester un jour de plus au campement et dans la dernière nuit, à 1h du matin, il entendra un cri appelant ”Simon!”. En voyant une frontale s’allumer, Joe s’effondrera inconscient et sera ramené à la vie lentement par ses amis.
Joe Simpson après 6 opérations a continué à escalader et a entamé une carrière d’écrivain et de conférencier.
Son récit poignant nous a tous marqué, si bien que j’ai eu envie de vous le faire partager.
La rando avec Léo est bien sympa.
Les habitations en adobes et toits de chaume sont jolies et les habitants très sympas. La discution s’engage facilement lorsqu’ils voient qu’on est avec des enfants. C’est d’après certains la première fois qu’ils voient des enfants européens ici!
La laguna siula
mais comme Joe Simpson, nous nous faisons prendre par la tempête de grêle. Nous fuirons la laguna siula si belle sans voir les deux autres un peu plus haut. Dommage. D’autant que finalement l’épisode orageux aura été de courte durée.
Au retour, bonne surprise, Tito a pêché quelques truites qui agrémenteront le repas du soir.
Le lendemain matin, un dernier regard sur la laguna et le Jirishanca
et on se met en chemin.
Normalement c’était une dernière journée tranquille, le trek devait se terminer à Queropalca, un petit village à 3 heures en contrebas de Carhuacocha. L’agence nous avait dit qu’on n’aurait pas de mal à y trouver un véhicule pour revenir dans la journée à Huaraz.
Mais les discussions avec les locaux nous amènent à douter et certains disent qu’il faudra compter au moins 2 jours pour rejoindre Huaraz.
Bilan, changement de programme. On revient à Matacancha où on avait campé deux jours avant. On fera donc une grosse journée (deux étapes en une), en chargeant un peu plus les anes pour se libérer un cheval de plus.
A Matacancha, le plan se déroulera sans accroc et on attrapera un bus de passage qui nous ramènera à Huaraz en fin de journée.
Quelques photos de flore et faune pour les amateurs
une viscache se réchauffant au soleil du matin :
un colibri qu’il aura fallu guetter longtemps
Matamico andino
Vanneau
Condors, ibis et autres oiseaux auront également été observés.
Cette petite aventure aura enchanté toute la famille. Les paysages auront tenu leurs promesses même avec une météo capricieuse sur la fin.
Nos compagnons de route, qui conditionnent la réussite du trek, auront été impeccables, tant notre arriero Tito que nos anes et le cheval Coco très calme et parfait pour les enfants.
L’altitude n’aura été un problème pour personne, l’acclimatation étant bonne (même après 5 jours passés au niveau de la mer).
Iban aura fait une majeure partie du trek sur Coco. Léo aura montré de sacrées aptitudes à la randonnée en montant certains cols à bonne allure. Chloé se sera prouvée qu’elle pouvait encore bien marcher en montagne. Joël aura réalisé un de ses vieux rêves, marcher à Huayhuash même si nous n’aurons découvert que la moitié nord du massif, et surtout en le partageant avec la famille.
Cette semaine restera un des beaux moments du voyage.
Maintenant que les jambes sont entrainées, en route vers la Cordillera Blanca où Joël prévoit de faire deux jolies ascensions au Pisco et au Chopicalqui.























































